* Vous passez de la SF au polar pourquoi ce changement ? Y a t-il eu un déclic particulier ?

A l’inverse de ce que l’on pourrait croire tous les écrivains rêvent d’écrire dans des genres différents,  et si la plupart se cantonnent dans un seul genre, c’est à cause des éditeurs qui détestent voir leur poulain prendre des risques, alors bien souvent (moyennant finances), les auteurs mettent  de côté leur envie d’explorer de nouvelles voies pour continuer ce qu’ils font si bien ! 
Pour ma part, ce fut mon éditrice qui m’aida à sauter le pas, quand elle m’assura que si j’écrivais un thriller, elle y jetterais un œil tout particulier .

* 2 tomes déjà se situant à River Falls pensez-vous en faire une série ? Un tome 3 en prévision ? (Ouiouioui !!!! )

Hé oui ! On ne peut rien vous cacher ! Il s’agit en fait d’une trilogie centrée sur la profileuse Jessica Hurley.
J’aurais d’ailleurs pu appeler chacun des titres de la façon suivantes : « Hurley arrive en ville », « Hurley reste en ville », et « Hurley quitte la ville… ou pas » ! 

* Vos livres sont de véritable « page turners »  il y a beaucoup de suspense et de rebondissements et les fins sont surprenantes. Quand vous écrivez vos livres avez-vous déjà un plan précis de l'intrigue ou vous laissez-vous porter par l'histoire ?

Si en science fiction j’aimais bien la technique de Pierre Bordage à savoir qu’une histoire est comme une pelote de laine dont on déroule le fil sans savoir où il va nous conduire, en matière de Polar, c’est impossible si l’on veut construire une histoire à base de rebondissement et de coup de théâtre. 
Il est primordial de connaitre tout le squelette de l’énigme avant d’entamer la rédaction du livre.

Par contre, et c’est là que c’est le plus intéressant, je me laisse une totale liberté sur les histoires et personnages secondaires qui vont enrichir le récit sans obligatoirement apporter d’éléments capitaux à l’histoire. 

* D'après mes recherches River Falls se trouve dans le Wisconsin. Pourquoi avoir choisi cette ville des Etats-Unis ?

En fait, je ne savais pas que Rive Falls existait ! Pour moi, River Falls s’appelait tout d’abord River’s Lake, mais mon éditrice n’aimait pas du tout, et on a cogité ensemble pour aboutir à River Falls.
Et mon River Falls se passe dans l’état de Washington. Cette ville est une espèce de copié-collé de Twin Peaks.
Je suis un grand fan de cette série, et j’adorais ce petit coin d’Etats-Unis loin des grandes métropoles que l’on a l’habitude de voir au cinéma ou à la télé. 

* Le sherif Mike Logan est le personnage central de vos romans mais rapidement il passe dans l'ombre de la séduisante profileuse Jessica Hurley. Est-ce un choix de votre part ou cela s'est-il imposé naturellement à vous lors de l'écriture ?

Pour le coup, cela c’est fait sans que je m’en rende compte. Je crois que je suis tombé totalement amoureux de Jessica. Belle, intelligente, vive, non dénuée d’un certain sens de l’humour et… sacrement amoureuse de son homme.  Si seulement la vie pouvait être un roman !

* Les rapports entre Mike et Jessica sont complexes. Incorporer une histoire d'amour à l'intrigue ne vous a t-elle pas compliqué la tache ?

Bien au contraire,  je suis totalement incapable de me focaliser sur une simple histoire policière.
Il y a deux sortes d’écrivains de polar, ceux dont l’histoire est le pilier centrale de leur romans et qui recherchent à travers chacun de leur livre à épater le lecteur, à l’emmener sur des territoires jamais défricher auparavant, et ceux dont ce sont les personnages et leur relations entre eux qui priment.
Je me situe pour ma part dans cette seconde catégorie. 

Si je suis plutôt content de mes intrigues ( surtout de celle d’ « Un automne à River Falls »), je dois dire que j’adore mes personnages, ce sont comme mes enfants, je les aime tous ! 
De fait, comment éviter de parler d’amour quand on veut raconter la vie d’une personne ?  Dans notre société, les deux obsessions dominantes sont « comment gagner de l’argent ? » et « comment trouver l’amour ?», et si je suis incapable de répondre à la première question, pour la deuxième j’ai mes petites idées, et j’adore les mettre en œuvre dans mes thrillers. 
J’ai besoin de cette chaleur humaine quand j’écris, je crois que je ne pourrais jamais écrire un thriller sur un flic désabusé, solitaire, et alcoolique. A user de clichés, je préfère ceux qui me donnent du baume au cœur !

* Comme je l'ai dit dans ma critique j'ai trouvé votre écriture très « musicale » - un rythme qui vous happe tout du long – Ecrivez-vous en musique ?

Toujours … ou presque ! Je suis un grand fan de Rock dans tout son spectre ( du pop-rock au Hard-Rock, en passant par le gothic et le progressif ), mais aussi de musique instrumentale 
(Vangelis, Tangerine dream pour ne citer que les deux meilleurs !)
Par exemple, j’ai écris tout la scène dans le bar Texan d’ « Un automne à River Falls » en écoutant en boucle «  All of you » de Don Felder. J’ai du l’écouter cent fois en trois jours, et je ne m’en lasse pas ! 
 Ecouter All of you

 * On vous compare souvent à Harlan Coben et Maxime Chattam ? Qu'en pensez-vous ? Vous sentez-vous proche de leurs univers ? Les constantes comparaisons ne vous ennuient-elles pas ?

Si ces comparaisons m’ennuient ? Bien au contraire, j’en suis plus que flatté, je me demande plutôt si elles ne les ennuient pas eux !! ( Do you know me mister Coben ?!)
Coben et Chattam font partis des grands maîtres du genre et, pour la petite histoire, j’ai travaillé un an et demi au côté de Maxime à la Fnac Saint Lazare. Je me souviendrais toute ma vie du petit matin où, dans une des salles de pause, il m’a appris que Michel Lafon lui avait téléphoné pour le signer. Un grand moment d’euphorie. Le mois d’après je signais chez Florent Massot, le monde est bien fait !

* Quels sont vos auteurs / livres favoris ?

En science fiction, tous les livres de : F. Herbert, D. Simmons, A. Reynolds, I. M. Banks, D. Wingrove, W.J. Williams.
En polar, comme je n’ai pas lu tous leurs livres, je vais donc citer le meilleur de chacun des auteurs suivants : 
En anglo-saxons : «  Le dahlia noir » de J. Ellroy, «  Dragon rouge » de T. Harris, « Psycho-killer » de K. Ablow, «  L.A. Requiem » R. Crais, et bien sûr «  Ne le dis à personne » de H. Coben. 
En français : «  Le cinquième règne » de Chattam, «  Le rituel de l’ombre » de Giacometti-Ravennes, «  Prédation » de Camut-Hug, «  Les fous d’avril » de DOA

* Pour la conclusion un petit mot pour les lectrices du webzine des « Romantiques »...

Je vous souhaite que des bonnes choses et de continuer à vivre pleinement vos passions. Et si jamais cela vous tente de découvrir River Falls, c’est avec grand plaisir que je vous invite à y pénétrer à vos risques et périls !



 

Les livres d'Alexis Aubenque :